Le débat sur la gouvernance de la FECAFOOT s'intensifie. Stéphane Edzigui, figure respectée du journalisme sportif camerounais, signe un réquisitoire acéré contre la présidence de Samuel Eto'o, questionnant les méthodes de gestion du football national.
Dans son analyse, Edzigui trace un portrait contrasté : les deux décennies précédentes (1998-2018) sous Iya Mohammed, Tombi A Roko et Seidou Mbombo Njoya privilégiaient le consensus et la négociation. Un modèle que le consultant ne valorise qu'à demi — « préservation des acquis » plutôt que transformation — mais qui maintenait la stabilité institutionnelle du football camerounais sur le continent.
La rupture intervient avec l'arrivée de la légende Eto'o. Le consultant y voit une « gestion solitaire et conflictuelle » marquée par la confrontation systématique avec l'État, les clubs et les partenaires. Cette opposition se cristallise autour du dossier du sélectionneur : Etzou dénonce le refus du président d'accepter la nomination validée par le ministère des Sports, y voyant une « erreur stratégique majeure ».
Au-delà des querelles administratives, c'est une philosophie de direction qui divise. Eto'o incarne une volonté de rupture face aux anciens schémas, tandis que ses critiques redoutent un isolement croissant de la FECAFOOT. Le véritable enjeu ? Réconcilier l'ambition réformatrice avec le respect des institutions, dans un contexte où le football camerounais reste une fierté continentale fragile. Le débat reste ouvert.
