Le Burkina Faso s'apprête à vivre une transformation majeure de sa troisième division. La Fédération burkinabè de football (FBF) a réuni, le 23 mai 2024 à Ouagadougou, les présidents des 13 ligues régionales pour mettre en place une réforme tant attendue du championnat national de D3.
Le constat était simple : l'ancien système s'était figé. Trop d'équipes, calendriers interminables, gestion administrative chaotique et ressources financières étriquées — autant de problèmes qui étouffaient la compétition. « Il faut que nos décisions nationales parlent le même langage que les ligues régionales », a martelé Lazare Banssé, président de la FBF, rappelant que cette réforme découle des résolutions de l'assemblée générale de juin 2023.
La nouvelle architecture repose sur un système en deux temps. D'abord, une phase régionale où les ligues sont réorganisées en quatre zones géographiques. Les deux meilleures équipes de chaque zone accèdent ensuite à une phase nationale structurée en deux poules de quatre équipes, en matchs aller-retour. De là, les quatre meilleures formations disputent des demi-finales sèches avant une finale qui sacrera le champion — lequel montrera directement en D2 avec le vice-champion des demi-finales.
Cette architecture allège la charge tout en maintenant le suspense jusqu'au bout. Salifou Guigma, du Centre, y voit une bouffée d'oxygène. Cependant, Jean-Pierre Koussoubé, des Hauts-Bassins, a soulevé la question cruciale du financement. La FBF promet un soutien, mais exige aussi des clubs qu'ils mobilisent leurs propres ressources. Un signal clair : en Afrique de l'Ouest, une équipe qui rêve de l'élite doit d'abord apprendre à se faire respecter par les sponsors.
