L'Érythrée traverse une nouvelle crise. Sept internationaux ont disparu après la défaite face au Liberia (0-2) lors des qualifications pour la CAN 2027, le 26 mars au Maroc. Parmi eux, les noms de Hermon Yohannes, Mewael Tesfai et Simon Asmelash ont été confirmés, tandis que quatre autres joueurs restent non identifiés publiquement.
Cette débâcle ne date pas d'hier. L'équipe nationale érythréenne fait face à un phénomène récurrent de désertions lors des déplacements continentaux. En 2021 déjà, cinq éléments avaient disparu en Éthiopie lors d'un tournoi Cecafa U-23. Deux ans plus tôt, en 2019, sept autres joueurs s'étaient volatilisés en Ouganda après un match de la Cecafa Senior Challenge Cup.
Dernier l'humanitaire et les titres, une réalité glaçante se dessine : ces fuites traduisent les tentatives désespérées de joueurs fuyant un régime autoritaire. L'Érythrée, régulièrement comparée à la Corée du Nord africaine, reste réputée pour son totalitarisme et l'étouffement systématique des libertés individuelles. Pour ces athlètes, un déplacement à l'étranger représente une échappatoire.
Le football devient alors tragiquement un outil de survie plutôt qu'un terrain de jeu. Tandis que le continent s'interroge sur la qualification érythréenne, c'est une question bien plus sombre qui plane : celle des droits humains et de la liberté.