Un grave accident d'autocar au Maroc relance les alertes sur la sécurité routière en Afrique du Nord. Dimanche dans la province de Taourirt, le renversement d'un bus de transport a coûté la vie à cinq personnes et blessé plus de vingt autres, replaçant sous les projecteurs les vraies causes de ces drames qui endeuillent régulièrement nos routes.
Selon les experts interrogés, trois scénarios dominent : l'endormissement du conducteur, la vitesse excessive en virage, et l'utilisation du téléphone au volant. Des facteurs d'erreur humaine involontaire, difficiles à contrer sans une discipline stricte. Mais au-delà de ces comportements, une réalité plus sombre émerge : les conditions de travail déplorables des chauffeurs.
Abdelali Safi, du syndicat du transport, dénonce un système où les conducteurs travaillent plus de 18 heures quotidiennement sur des trajets éreintants (Casablanca-Oujda). Sans repos suffisant, sans conditions décentes, la concentration au volant devient un luxe. C'est une responsabilité partagée : celle des propriétaires d'entreprises qui pressent leurs chauffeurs, et celle des ministères qui ferment les yeux.
L'enquête technique précise que le bus était mécaniquement sain, mais les experts avertissent : des pannes soudaines peuvent survenir n'importe quand, indépendamment de l'entretien. Cet accident, le plus meurtrier de l'année au Maroc, illustre un problème systémique bien connu dans nos régions africaines : l'absence de régulation, l'exploitation des travailleurs et l'indifférence des autorités face à l'hémorragie routière.
